Le coton africainUne matière demandée dans le monde entier
Le coton africain est presque uniquement cultivé par des petits agriculteurs. Les méthodes de culture durable concilient l’agriculture, la nature et l’homme.
Environ huit pour cent du coton négocié sur le marché mondial est récolté en Afrique, dans les pays situés au sud du Sahara. En Afrique, le coton est cultivé presque uniquement par des petits agriculteurs, il existe peu de grandes plantations.
Le cotonnier aime la chaleur : pour bien pousser, fleurir et porter des fruits, il a besoin d’environ 200 jours de soleil dans une saison. C’est pourquoi il se plaît dans les savanes sèches et humides d’Afrique. Le climat, qui se caractérise par des températures moyennes élevées et l’alternance de saisons sèches et humides, est favorable à la culture de cette fibre naturelle.
Il faut compter environ six mois entre l’ensemencement et la récolte du coton. Après la récolte, les graines sont séparées des fibres de coton et la fine couche de cire qui recouvre les fibres et les protège de l’humidité est retirée; ces opérations se font dans une installation d’égrenage. Pour terminer, le coton brut est pressé en balles et vendu aux filatures qui fabriquent le fil. C’est le début de la textile chaîne, qui va de la filature au vêtement fini.
Producteurs de coton choisis, part du marché mondial en %, 2008-09
Zones de végétation en Afrique avec zones de culture CmiA
Il faut compter environ six mois entre l’ensemencement et la récole du coton.
Méthodes de culture
Tandis que le coton est cultivé en monoculture dans de grandes plantations dans de nombreuses régions du monde, les petits cultivateurs africains pratiquent presque exclusivement la culture par rotation. Le coton est alors cultivé en alternance avec d’autres plantes, par exemple des aliments de base tels que le maïs, le soja ou l’arachide. Cela évite le lessivage des sols et l’infestation parasitaire. Souvent, le coton n’est qu’une culture de rapport complémentaire et donc un produit agricole cultivé en plus des aliments qui assurent l’auto-suffisance (économie de subsistance). Il est destiné à la vente. Les méthodes de culture transmises par Cotton made in Africa soutiennent les petits cultivateurs également pour la culture vivrière dans le cadre d‘une économie de subsistance et contribuent ainsi de manière importante à assurer l‘alimentation.
Irrigation
L’irrigation artificielle telle qu’elle est souvent pratiquée dans les grandes plantations est presque inexistante en Afrique. À la place, les petits cultivateurs pratiquent la culture pluviale. Cela signifie que les précipitations naturelles doivent suffire à l‘irrigation. Dans les zones de culture africaines, l’alternance de périodes humides et sèches répond aux exigences du cotonnier. Dans certaines phases de croissance, une trop grande humidité lui est nuisible : dans la première phase de pousse et de croissance du coton, le sol doit être humide; dans la phase de maturation par contre, une trop grande humidité altère la qualité des fibres. L’eau de pluie doit être utilisée de manière efficace – en particulier dans les régions sèches d’Afrique. L’emploi équilibré d’engrais ou de mulch est également important. Pour cela, on couvre les espaces libres entre les cotonniers d’une matière organique telle que des feuilles mortes, afin de réduire la perte d’humidité par évaporation.
Méthodes de récolte
L’homme contre la machine : tandis que la récolte du coton se fait avec d’énormes machines aux États-Unis, au Brésil et en Australie, elle est principalement effectuée manuellement dans les zones de culture africaines. Bien sûr, cela exige beaucoup plus de temps mais présente des avantages décisifs par rapport à la récolte mécanique : alors que la machine prélève en un seul passage non seulement les capsules de coton mais aussi tous les débris jonchant le sol, la cueillette manuelle est plus minutieuse et plus respectueuse de l’environnement. Les cueilleurs ne prélèvent que les fibres qui sont parvenues à maturité complète. En outre, le coton récolté à la main est plus propre car les machines prennent également de grandes quantités de terre, de feuilles, de branches, etc...
Un autre avantage : contrairement à la récolte mécanique, aucun défoliant n’est utilisé lors de la récolte manuelle. La contamination du coton par des produits chimiques est donc plus restreinte. Cependant, le coton africain récolté à la main connaît aussi des problèmes de qualité. Les déchets plastiques, qui se sont malheureusement répandus jusque dans les villages retirés d’Afrique, peuvent provoquer une contamination. CmiA s’occupe de ce problème, en coopération avec les partenaires africains.
Réduction des pesticides grâce à des concepts durables
Utilisation de pesticides
Très peu de plantes attirent les parasites et les agents pathogènes comme le coton. C’est pourquoi la culture du coton s’accompagne malheureusement de l’utilisation d’une quantité importante d’insecticides dans le monde entier. Seul un petit nombre de cultivateurs écologistes renonce complètement aux pesticides et vend sa matière première comme coton bio. À l’heure actuelle, la part de coton bio sur le marché mondial est encore faible, notamment parce que les coûts de production sont plus élevés (récoltes moins importantes et culture demandant beaucoup de travail) et parce que les textiles en coton bio ne peuvent être vendus à des prix élevés sur le marché. Le consommateur n’est pas (encore) disposé à payer plus pour les textiles de qualité bio.
La gestion intégrée de protection des plantes constitue une approche de réduction des pesticides, adoptée principalement par des concepts durables tels que Cotton made in Africa. Une des méthodes est appelée « pulvérisation de seuil » : on ne vaporise pas en prévention mais lorsque certains seuils d’infestation sont dépassés, c’est-à-dire lorsque l’infestation parasitaire ou pathologique est importante au point de craindre des dommages économiques. Le principe du seuil d’infestation exige une formation intensive des cultivateurs mais permet également une réduction des pesticides utilisés pouvant atteindre 30 pour cent.
Coton génétiquement modifié
Les parasites du coton s’avèrent de plus en plus résistants aux pesticides utilisés. Dans le monde entier, l’industrie du coton cherche à résoudre ce problème grâce au coton génétiquement modifié. Celui-ci résiste à certains parasites. Aux États-Unis, en Inde et en Chine, les principaux producteurs de coton, entre 60 et 70 pour cent du coton cultivé est génétiquement modifié. Un grand nombre de cultivateurs de coton africains considèrent aussi le coton génétiquement modifié comme un progrès technique dont ils ne veulent pas être exclus. Jusqu’à présent, le coton génétiquement modifié n’est cependant cultivé en Afrique subsaharienne que par les petits cultivateurs du Burkina Faso.
Cotton made in Africa
Le coton de Cotton made in Africa est cultivé de manière durable par les petits cultivateurs du Bénin, de Zambie, du Burkina Faso, du Malawi, du Mozambique et de Côte d’Ivoire. Concrètement, cela signifie que le coton est produit en culture pluviale, en utilisant des pesticides et des engrais de façon efficace et responsable, puis récolté manuellement. Cotton made in Africa a défini les exigences imposées aux méthodes de culture dans un catalogue de critères, dont le respect est régulièrement contrôlé dans le cadre de la
vérification.
Cotton made in Africa s’est engagée à ne pas cultiver de coton génétiquement modifié dans le cadre de l’initiative, dans un premier temps jusqu’en été 2012.