Entretien avec une jeune créatrice de Hambourg sur les défis et les chances de la mode durable
La durabilité est un sujet qui, ces dernières années, a pris la forme d’un courant de société. Alors que la « mode durable » occupait seulement une niche il y a quelques années, les créations tendance à caractère durable sont aujourd’hui une composante à part entière dans l’univers de la mode, et le resteront demain. Les nouvelles créations de Julia Starp, jeune styliste venue de Hambourg, prouvent qu’exclusivité et durabilité ne sont pas contradictoires mais que, au contraire, elles se complètent à la perfection. À 29 ans, elle a créé en exclusivité pour OTTO la collection printemps/été « ECOREPUBLIC by Julia Starp », composée de huit pièces. Outre le coton issu de cultures biologiques, cette ligne utilise également du coton soutenu par l’initiative Cotton made in Africa. Cette collection montre une fois de plus qu’une mode durable sait convaincre lorsqu’elle fait preuve de raffinement. La jeune créatrice hambourgeoise, qui a fondé son propre label « Julia Starp Modedesign » en 2009, nous parle des chances et des défis de la « mode durable ».
Julia Starp, comment continueriez-vous cette phrase : Pour moi, la mode durable est …
… une mode comme les autres – mais qui s’appuie sur des histoires belles et passionnantes que l’on aime à raconter.
À l’origine, quelle a été votre motivation pour créer une mode durable ?
Ce que je trouve particulièrement passionnant, c’est de relever le défi d’innover à partir de possibilités limitées. Bien sûr, l’idée de savoir d’où viennent mes matières premières est omniprésente. En 2005, lorsque j’ai terminé mes études à l’école de création de mode JAK de Hambourg, la mode durable à partir de sa matière première n’intéressait pas grand monde. Pour ma part, je voulais déjà, pendant mes études, concevoir et confectionner mes matériaux moi-même. C’est ainsi que j’ai passé des jours et des nuits devant ma machine à tricoter et mon métier à tisser, pour fabriquer les tissus qui convenaient à mes créations.
Vous considérez-vous comme un exemple pour les jeunes créateurs qui souhaitent proposer une mode durable ?
Non, pas comme un exemple à proprement parler, mais peut-être que ma mode incitera les nouvelles générations de créateurs à évoluer aussi dans cette direction et à s’y épanouir.
Quels sont les défis spécifiques que pose la création d’articles de mode durable ?
Créer une mode durable devient de plus en plus facile, les obstacles posent de moins en moins de problèmes. Jusqu’à récemment, se procurer des matériaux confectionnés à partir de coton issu de cultures durables était beaucoup plus difficile que maintenant. Aujourd’hui, il existe même quelques sociétés qui se sont spécialisées justement dans ce domaine et qui sont en mesure de proposer une multitude de matériaux très intéressants. Certains domaines spécialisés tels que l’ouatine et la triplure ont cependant encore beaucoup de retard à rattraper.
Selon vous, la demande et l’intérêt pour la mode durable ont-ils augmenté ? La commercialisation est-elle plus facile ?
Sans aucun doute ! La commercialisation est certainement plus facile qu’avant puisque la plupart des gens connaissent désormais le concept de mode durable. Les clients savent ce que cette notion signifie et l’envisage comme un complément positif. Je pense qu’il y a un regain d’intérêt pour la « mode verte », d’une manière générale. En revanche, le client ne veut pas se ruer sur le durable simplement pour le terme en soi, il veut aussi pouvoir se reconnaître dans le design du vêtement qu’il achète.
Comment voyez-vous l’évolution du marché de la mode ?
La tendance est en train de prendre l’aspect d’une évidence. Je considère que la durabilité en matière de mode s’étendra rapidement aux marchés de masse. Il ne sera alors plus nécessaire de souligner le caractère durable d’un produit – c’est en tout cas ce que je souhaite.
Pourquoi avez-vous choisi Cotton made in Africa pour votre collection actuelle ?
Cotton made in Africa est une initiative passionnante qui permet aux petits cultivateurs africains de vendre leurs produits sur le marché mondial et qui les aide à pratiquer une culture durable du coton. Le coton issu de cette initiative a une histoire captivante – celle de chaque cultivateur. C’est pour cela que les textiles CmiA ne sont pas comme les autres. En plus, j’ai été très agréablement surprise par la qualité du coton CmiA – elle est excellente.

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